Naissance : 24 juillet 1964, à Ollioules (83)

 

Olivier, envisagiez-vous, enfant, d’être vigneron et/ou de succéder à vos parents, familles… ?
Mon père Gilbert est issu d’une famille de vignerons très connus de La Cadière d’Azur. Mes grands parents étaient des viticulteurs amoureux de la terre et de ce terroir si particulier de la région de Bandol où sont omniprésentes les « restanques », petits plateaux bordés de murs pour retenir la terre des coteaux. Ils exploitaient à l’époque - années 30 -, 6 hectares de vignes qui se transmettaient de génération en génération. A l’époque ce n’était pas encore l’appellation d’origine Bandol qui ne fut créée qu’en 1942 et dont mon grand père fut l’un des membres fondateurs.
Mon père était l’ainé d’une famille de 4 garçons. A cette époque le métier de viticulteur était rude car a part les labours effectués avec laide du mulet le travail était manuel. Les revenus de l’exploitation étaient insuffisants pour subvenir aux besoins d’une famille de 6 personnes, 2 des fils furent dans l’obligation de s’orienter différemment.
Ma mère, mon frère et moi avons suivi mon père qui, malgré son attachement à ce terroir, à répondu favorablement à une proposition d’embauche dans une importante société française opérant en Afrique noire. Au cours de sa longue carrière dans cette société il à investi dans l’achat de terrains mitoyens avec ceux de mes grands parents pour augmenter le potentiel de production. Il à ensuite donné ces terres à mon frère et à moi. Même si la vie sous les tropiques est agréable, je n’ai jamais oublié mes racines et celles de ma famille. Mon plaisir était de prendre mes vacances scolaires chez mes grands-parents où tout l’été je leur venais en aide dans les champs et participait aux vendanges. Le retour en Afrique était toujours un déchirement. A mon retour en France après des études en lycée agricole, me voila enfin vigneron sur la terre de mes ancêtres.

Pourquoi cette passion de votre terroir, du Bandol, comment le décririez-vous ?
Le terroir de Bandol est fait de coteaux arides avec un ensoleillement maximal (300 jours par an), où le mistral assèche et purifie l’air . C’est le terroir du Mourvèdre cépage roi du Bandol. Le cahier des charges de l’appellation oblige à avoir au minimum 50% de Mourvèdre dans les assemblages pour le rouge et 30% pour les rosés. En outre, la vendange doit se faire à la main et l’arrosage des vignes est interdit. Le rendement à l’hectare doit être inférieur à 40HL ce qui oblige a effectuer une vendange verte au mois de juin pour supprimer environ la moitié des grappes. Ceci amène un surcoût important qui augmente nos prix de revient, mais assure une qualité optimale de notre production.
Le Mourvèdre est le cépage qui donne tout le caractère à nos vins : la garde pour les vins rouges mais aussi beaucoup de finesse, et de la structure dans les rosés.

Quelles sont les qualités d'un bon vin, et les vôtres ?
Pour ma part, j’aime les vins qui ont une identité forte, des vins de terroir qui font toute la particularité des régions viticoles françaises. Le Bandol est avant tout un vin de repas, plutôt poisson pour les rosés, viande rouge et gibiers pour les vins rouges. Il est recommandé de décanter les vins rouges ou de les déboucher une heure avant le repas pour en apprécier la juste valeur. Les vins rosés sont à boire frais mais pas glacés. La consommation des vins rosés est en général liée à la météo, mais pour ce qui est des Bandol rosés c’est un peu diffèrent.

Comment définiriez-vous le style de vos vins ?
Compte tenu de leur puissance, ils peuvent être consommés toute l’année, suivant les mets avec lesquels on les déguste. Les vins rouges de Bandol sont des vins dont la garde peut dépasser les 25 ans. Le bouchon liège haut de gamme s’impose. Les rosés destinés à être bus dans les 2 ans sont généralement bouchés en synthétique de qualité.

Quels conseils de dégustation pourriez-vous donner aux novices, aux amateurs, et aux expérimentés ?
En tant que vigneron indépendant, passionné par mon métier, je conseille vivement aux amateurs de bon vins de déguster entre amis devant un feu de cheminée, un Bandol rouge « cuvée Marylène » du Domaine Vigneret, (Michel 95% Mourvèdre). C’est notre cuvée prestige qui porte le prénom de ma mère disparue récemment.
Ce vin à obtenu chaque année depuis 2009 les plus hautes distinctions du Guide Hachette et du C.G.A de Paris.

 

Le Portrait d'Olivier en quelques questions

Rouge fruité ou rouge de caractère ?
Rouge caractère.
Blanc ou Rosé ?
Rosé.
Bouchons en liège ou bouchon à vis ?
Bouchon liège.
Vin de cépage ou d'assemblage ?
Vin d’assemblage.
Foot ou Rugby ?
Foot.
Bouteilles ou Bibs ?
Bouteilles.
Facebook ou lnstagram ?
Facebook.
Mont Blanc ou plage ?
Mer.
Comment dégustez-vous un bon vin ?
A déguster en famille ou entre amis autour d’un bon repas.
Un mot pour vous qui qualifie le vin.
A l’image du terroir, rude et velouté à la fois.

Merci Olivier 😉